Created on : 11.10.2018 Last modified : 11.10.2018

Enquête nationale sur la remise de matériel d’injection stérile par les pharmacies en 2016.

Switzerland, 2016
DESS

Reference ID

CHE-PHARMA-V1.0

Producer(s)

Stadelmann, Sophie, Samitca, Sanda, Henry, Valérie, Bize, Raphaël

Collections

Department of epidemiology and health systems (DESS)

Questionnaires

Reports

Enquête nationale sur la remise de matériel d’injection stérile par les pharmacies en 2016
Author(s) Stadelmann S, Samitca S, Henry V, Bize R
Date 06/2017
Country Switzerland
Language French
Publisher(s) Institut universitaire de médecine sociale et préventive (IUMSP)
Abstract Introduction
Dans le cade du mandat de l’Office fédéral de la santé publique concernant le système de suivi de la stratégie de lutte contre le VIH/Sida en Suisse, 2012-2016, l’Institut universitaire de médecine sociale et préventive de Lausanne a mené a trois reprises (1997, 2005 et 2016) une enquête nationale auprès des pharmacies au sujet de la remise et de la vente de matériel d’injection stérile ainsi que de la dispensation de traitements de substitution.

Méthode

Cette enquête a été réalisée de janvier à février 2016 à l’aide d’un questionnaire en allemand, français et italien adressé à l’ensemble des pharmacies de Suisse. La liste des pharmacies comprenait 1’347 membres de la Société suisse des pharmaciens (SSPh, statistique au 08.01.2016) et 429 non membres.

Les pharmacies devaient estimer le nombre moyen mensuel de seringues (seringues simples et boîtes Flash) vendues aux consommateurs de drogues pour la période d’octobre à décembre de l’année précédant l’enquête. Des questions portaient également sur l’évolution de cette demande, le mode de remise, les éventuelles restrictions liées à la remise de matériel d’injection stérile, les difficultés rapportées dans la remise de matériel d’injection stérile, et enfin sur le retour et l’élimination du matériel usagé.

La dispensation de traitements de substitution, notamment les traitements à base de méthadone, a également été mentionnée, ainsi que les difficultés rencontrées ou craintes par rapport à la dispensation de ces traitements.

Les questionnaires qui nous ont été retournés ont été saisis sur Epidata, puis analysés à l'aide du logiciel Stata, version 14.0, ainsi que du logiciel IBM SPPS, version 23.

Résultats
Au total, 1’084 questionnaires remplis nous ont été retournés, soit un taux de participation national de 61.0%. Les taux de réponse par canton sont également élevés.
Une proportion importante, mais en diminution depuis la première enquête de 1997, de pharmacies sont en contact avec des personnes qui consomment des substances psychoactives : 47.5% des pharmacies remettent ou vendent du matériel d’injection stérile, 78.2% des pharmacies acceptent de reprendre des seringues usagées (parfois sous condition), et 72.9% dispensent des traitements de substitution.

Pour l’ensemble de la Suisse, en 2016, nous estimons que 1'046 consommateurs de substances psychoactives entrent chaque jour dans une pharmacie pour s’approvisionner en matériel d’injection stérile. Ceci représente une diminution de près de 54% depuis 2005. Parallèlement, l’estimation du nombre mensuel de seringues remises par les pharmacies en Suisse (vendues pour la plupart) s’élève à 45'288, en baisse de 46% par rapport à 2005.

En 2016, 52% des pharmacies qui remettent du matériel d’injection stérile le font sans restriction, tandis que 14% en limitent le nombre, 7% les remettent seulement en échange de seringues usagées, et 24% décident en fonction de l’attitude du demandeur. Depuis 1997, une légère augmentation de la part de pharmacies imposant des restrictions lors de la remise de matériel d’injection peut être observée. L’accès sans restriction a donc légèrement diminué, mais dans une proportion qui ne peut pas expliquer à elle seule la forte diminution de la remise de matériel d’injection.

Nous constatons une diminution de la proportion de pharmacies acceptant « toujours » de reprendre les seringues usagées (de 78% en 1997, à 67% en 2005, à 56% en 2016). Dans quelques rares cantons, la proportion de pharmacies refusant cette reprise dépasse les 20%. L’apparition progressive de « trous » dans la couverture par les pharmacies de la reprise de seringues usagées déjà évoquée en 2005 semble prendre plus d’ampleur. Il ne faut toutefois pas oublier qu’en dehors des pharmacies, il existe d’autres canaux de récupération du matériel usagé, comme les structure à bas seuil d’accès ou les poubelles spéciales installées dans certaines villes.

En 2016, comme en 2005, une large majorité des seringues usagées collectées par les pharmacies sont éliminées avec les déchets spéciaux ou via un organisme compétent (85%).

Finalement, 73% de l’ensemble des pharmacies dispensent des traitements de substitution. Les traitements de substitution à la méthadone sont largement plus fréquents que les autres types de traitements de substitution ; ils sont dispensés par 68% des pharmacies qui dispensent des traitements de substitution. En 2016, nous pouvons estimer que les pharmacies dispensent des traitements de substitution à la méthadone à un total de 6'224 personnes. Une valeur similaire à celle de 2005. Cette dispensation s’accompagne souvent de problèmes. Les plus fréquents ont trait à la collaboration entre les pharmacies et les institutions et médecins prescripteurs et au suivi des patients par ceux-ci, ainsi qu’aux problèmes de contact avec les consommateurs de substances psychoactives.

Dans l’ensemble, un volume important, quoiqu’en baisse, de matériel d’injection stérile continue d’être remis aux consommateurs de substances psychoactives par les pharmacies qui en assurent également, en partie, le retour. Les pharmacies tendent à durcir les conditions dans lesquelles s’effectuent ces opérations. Les pharmacies assurent également la dispensation de traitements de substitution à un nombre important de personnes, dont une part importante de personnes sous traitement à la méthadone. Ce service s’effectue dans des conditions décrites comme souvent problématiques, avec entre autres des difficultés de coordination avec les prescripteurs et des problèmes avec les consommateurs de substances psychoactives. Ces points sont préoccupants car ils touchent directement à la qualité de ces prestations et à la disposition des pharmacies à les fournir.
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